Comprendre les résultats d'évaluations des eaux des rivières.


Pourquoi on évalue l'état des rivières ?

L'évaluation découle de la Directive Cadre sur l'Eau (DCE) européenne qui a pour objectif l’atteinte du « bon état » des Eaux (rivières, nappes souterraines, eaux continentales) en fixant des règles communes pour protéger et gérer l’eau.

Une évaluation, l’État Des Lieux (EDL), est réalisée tous les 6 ans respectivement pour les bassins de Guadeloupe et de Martinique. C’est une étape préalable obligatoire au SDAGE (Schéma Directeur D'aménagement Et De Gestion Des Eaux, actuellement 2022-2027), qui identifie les enjeux et priorise les actions sur chaque territoire.

Comment ça marche ?

Une rivière reçoit deux notes séparées.

A. L'état écologique - un peu le bilan de santé du milieu vivant


L’état écologique est calculé en croisant 4 éléments, avec une règle simple : on se base toujours sur l'élément le plus mauvais. On dit qu’il est déclassant.

  • La biologie, via deux indices spécifiquement conçus pour les Antilles, en regardant l’état biologique des macroinvertébrés et des diatomées.
  • La physico-chimie générale, oxygène dissous, acidification (pH), nutriments (azote, phosphore).
  • Les PSEE (polluants spécifiques de l'état écologique), des substances comme le zinc, le cuivre, l'arsenic... et surtout, aux Antilles, la chlordécone, qui à elle seule fait basculer de nombreuses rivières hors du bon état.
  • Et pour finir l'hydromorphologie, la forme du lit, les berges, la continuité du cours d'eau. Mais en réalité ce paramètre ne compte quasiment jamais dans le résultat final car elle ne sert qu'à confirmer un "très bon état ».

Les résultats d’évaluation de l’état écologique des rivières de Guadeloupe et de Martinique suivies dans le cadre de la DCE sont disponibles dans nos cartes interactives !

Pour précision, il existe deux cartes de l’état écologique : avec et sans la prise en compte du chlordécone, car ce dernier peut par sa présence masquer les progrès obtenus sur les autres polluants. Blogod’eau présente la carte « en dur »* prenant en compte le chlordécone.

B. L'état chimique - La présence de substances dangereuses


L’évaluation de cet état est basée sur des seuils européens (valeur à ne pas dépasser, normes de qualité) pour une liste donnée de substances prioritaires pesticides, métaux lourds, HAP...). Comme pour la chlordécone, certains substances dites "ubiquistes" (ex : certains retardateurs de flamme ou anciens produits antisalissure pour bateaux) sont si répandues dans l'environnement qu'on calcule l'état chimique avec et sans elles.


Et ça veut dire quoi "en dur", "à dire d'expert", "indéterminé" ?

  • "En dur" : l'état est calculé directement à partir de mesures réelles.
  • "À dire d'expert" : quand une rivière n'a pas assez de données, l'état est estimé par des experts à partir de rivières comparables ou de leur connaissances du terrain.
  • "Indéterminé" : il n’y a pas assez de données pour définir l’état.


Pas de panique si votre rivière n’apparaît pas !

Toutes les rivières ne sont donc pas surveillées de la même façon, certaines sont suivies chaque année, d'autres beaucoup moins et d’autres pas du tout. Ce n'est donc pas parce qu'une rivière n'apparaît pas comme polluée qu'elle est en bon état, elle est peut-être peu ou pas surveillée.

Sources : Révision de l'États des lieux 2025 Guadeloupe, État des lieux 2025 Martinique

Blogod'eau